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Commune de Bernissart — Province de Hainaut

Histoire complète de Harchies

Des premiers chasseurs à l'âge du fer

La vallée de la Haine sert de passage aux chasseurs nomades du paléolithique, puis aux premiers agriculteurs du néolithique. Au nord-ouest du village, des découvertes faites de 1985 à 2015 vont du paléolithique moyen jusqu'à l'âge du bronze ; plus de 40 pointes de flèches y ont été ramassées.

De l'âge du bronze, on a retrouvé des « lingots » de métal en 1879, une nécropole avec des fragments d'épées en 2006, puis un rasoir et un tranchet en 2010. Plus étonnant encore, le site de la « Maison Cauchies » a livré une nécropole du premier âge du fer, datée d'environ 825 à 700 avant notre ère, avec quatre épées brisées volontairement, sans doute au cours d'un rite funéraire.

Le domaine de Haricho

La chaussée romaine de Bavay à Blicquy et Velzeke traverse le village du sud au nord. Au XIXe siècle, on signale deux tumulus, des monnaies et des débris de vases. Trois habitats gallo-romains ont été repérés : « Au-dessus du Rieu », occupé à la fin du Ier et au IIe siècle et en partie détruit par le creusement du canal ; près de l'étang de Préau, une installation prospère du milieu du Ier au milieu du IIIe siècle, époque des premières invasions germaniques ; et « Les Sartis », un petit habitat près de la Haine.

Le nom d'Harchies viendrait d'un domaine appelé Hariciacas, c'est-à-dire « le domaine de Haricho », d'un nom de personne germanique et d'un suffixe gallo-romain qui marque la propriété. Une autre explication le rattache au latin arca, un pont ou une borne de propriété.

Les seigneurs d'Harchies au Moyen Âge

En 1049, Harchies passe du comté de Chièvres, dans le pays de Brabant, au comté de Hainaut. En 1138, Nicolas, évêque de Cambrai, donne l'autel du village (les dîmes, l'entretien de l'église et la nomination du curé) à l'abbaye de Saint-Ghislain. En 1386, les habitants obtiennent une charte d'échevinage.

De vers 1040 à vers 1440, la seigneurie appartient à la maison de Strépy-Harchies. Allard IV participe à la quatrième croisade et à la croisade contre les cathares en 1213 ; il aurait peut-être aussi combattu à Bouvines en 1214. Plus tard, Jean de Harchies est châtelain d'Ath en 1336 et sans doute bailli de Hainaut en 1339 et en 1348. Un Jacques de Harchies, chambellan des ducs de Bourgogne, est fait chevalier banneret en 1452 à la bataille de Rupelmonde contre les Gantois.

Un château plusieurs fois détruit

Vers 1440, Jacques de Strépy-Harchies vend la seigneurie à la famille Mouton de Harchies. Jacques Mouton relève le château de ses ruines en 1444, mais il est pris et détruit par les troupes du roi de France Louis XI, en 1475 selon une source (1478 selon une autre). Il est rebâti au XVIe siècle, puis par la famille de Mérode, qui hérite de la seigneurie par le mariage de Jean de Mérode avec Marguerite Mouton.

Ernest de Mérode, baron de Harchies et gouverneur de Valenciennes, obtient en 1628 du roi d'Espagne que sa terre de Thiant soit érigée en comté. Le château est détruit une nouvelle fois en 1675, pendant les guerres de Louis XIV. Le dernier seigneur, Guillaume Charles Ghislain de Mérode (1762-1830), perd ses droits seigneuriaux en 1794 avec l'arrivée des Français. Harchies avait aussi une autre seigneurie, celle de Préau, tenue en dernier lieu par la maison de Ligne jusqu'au prince Charles-Joseph de Ligne, mort en 1814.

La famille qui porte le nom du village a fait souche ailleurs : une branche devient seigneur de Drincham en Flandre maritime, reçoit de Louis XIV des lettres de chevalerie, puis le titre de marquis, et l'un de ses membres représente la noblesse aux états généraux de 1789 pour le bailliage de Bailleul.

La paroisse Notre-Dame

La paroisse d'Harchies est dédiée à Notre-Dame. Elle relève du diocèse de Cambrai jusqu'en 1804, puis de celui de Tournai, dans le doyenné de Chièvres. Le clocher actuel date de 1762 ; le reste de l'église est reconstruit en 1836. L'église garde le monument funéraire de Jacques de Harchies.

Pendant la période française (1794-1814), Harchies fait partie du département de Jemappes, dans le canton de Quévaucamps. Le village reste longtemps agricole, surtout sur les terres fertiles du nord.

Le canal et le charbon

Entre 1823 et 1826, sous le régime hollandais, on creuse le canal de Pommerœul à Antoing, long de 26 kilomètres, qui passe à l'est du village. En 2026, son bicentenaire a été fêté par une exposition à Blaton.

Le sous-sol renferme du charbon, mais il est noyé. De 1804 à 1808, les sondages du comte de Mérode échouent à cause des inondations. Il faut attendre la fin du XIXe siècle : grâce à la congélation du sol, une technique qui gèle les terrains gorgés d'eau le temps de creuser, et à des pompes à vapeur, le puits n° 1 est mis en service en 1899 et le puits n° 2 en 1900. Un coron est construit pour les mineurs avant 1904. Cette technique, réussie à Harchies, permet ensuite d'ouvrir les charbonnages voisins d'Hensies-Pommerœul.

Les deux puits d'Harchies ferment en 1968 ; le dernier puits du Borinage, à Hensies, s'arrête le 31 mars 1976. Depuis 1992, un ancien atelier d'Harchies abrite le Musée de la mine et de la mémoire ouvrière : outils, machines, équipements de sécurité, tableaux et photos, réunis par Jeannot Duquesnoy, ancien des charbonnages d'Hensies-Pommerœul.

Les marais, enfants de la mine

Dès le milieu des années 1920, l'exploitation du charbon fait s'affaisser le sol de la vallée. Les creux se remplissent d'eau et forment des étangs, bordés de roselières et de prairies humides : ce sont les marais d'Harchies, qui s'étendent aussi sur Hensies et Pommerœul.

Le site est devenu l'un des plus importants de Wallonie pour les oiseaux d'eau, qui y nichent, s'y arrêtent pendant leur migration ou y passent l'hiver. Le 4 mars 1986, il est inscrit sur la liste des zones humides d'importance internationale de la convention de Ramsar, pour 557 hectares. C'est aussi une réserve naturelle et un site Natura 2000, géré par le Département de la nature et des forêts et Natagora. En 2006, l'aigrette garzette y niche pour la première fois en Wallonie, et la spatule blanche niche aujourd'hui à Hensies. Le Centre régional d'initiation à l'environnement d'Harchies accueille les visiteurs et organise animations et balades.

Harchies aujourd'hui

Harchies est réuni à Bernissart dès 1964, puis fait partie de la grande commune de Bernissart formée lors de la fusion de 1977. Le canal Nimy-Blaton-Péronnes, plus adapté aux grands bateaux, a remplacé l'ancien canal ; il longe le village au nord et rejoint celui de Pommerœul-Antoing près du pont-levis. La gare d'Harchies se trouve sur la ligne 78, et le zoning industriel de Bernissart s'est installé à Harchies, au bord du canal, près de l'autoroute.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Harchies, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Centre Omnisports du Préau.

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