Commune de Belœil — Province de Hainaut
Stambruges s'étend sur 829 hectares, sur le versant nord de la vallée de la Haine, entre 60 et 75 mètres d'altitude ; les trois quarts du territoire sont boisés ou occupés par des sablières. Le nom apparaît sous les formes Etanbruge en 1595 et Estambruges ; l'explication la plus citée est « l'étang des bruyères ».
Le sous-sol sableux a gardé des traces très anciennes. Des sites de l'époque moustérienne, celle des Néandertaliens, ont été repérés à la butte du Calvaire et à la sablière Brouillard, sur le mont des Chèvres, fouillée en 1992. Des fouilles de 1984 ont livré des traces de chasseurs aurignaciens et gravettiens ; on a aussi trouvé des silex du Mésolithique au mont Happart, des outils du Néolithique et des urnes funéraires de l'âge du bronze. À Royeux, un chenet en terre cuite en forme de tête de cheval date de l'époque gauloise de La Tène.
La chaussée romaine de Bavay à la mer du Nord, par Blicquy, passe tout près. On a trouvé à Stambruges un cimetière à incinération et un vase contenant 170 monnaies du milieu du IIIe siècle, et une villa ou une ferme gallo-romaine se trouvait sans doute à l'ouest du village.
Le village naît entre le Xe et le XIIe siècle, mais on ne connaît pas sa première mention. En 1138, l'autel de Stambruges est donné à l'abbaye de Saint-Ghislain. La paroisse Saint-Servais dépend d'abord de Harchies, et devient autonome au XIVe siècle ; jusqu'en 1804, elle fait partie du diocèse de Cambrai.
Stambruges dépend de la seigneurie de Blaton. Vers 1204-1205, Philippe « le Noble » s'en empare, puis elle passe aux seigneurs de Condé, de Nicolas Ier, vers 1212, à Jean II, mort en 1391. Par le mariage de Jeanne de Condé avec Fastré III de Ligne, elle arrive aux Ligne : Jean II de Ligne fait de Belœil sa résidence principale, et Michel III de Ligne (1390-1468) rédige la charte qui crée la commune de Stambruges. Des fours à chaux y sont attestés en 1474. En 1477-1478, le château de Belœil est gravement endommagé par les troupes de Louis XI. En 1545, Jacques de Ligne fait de la baronnie un comté, et Lamoral Ier devient prince de Ligne et du Saint-Empire.
Au XVIIIe siècle, un grand étang de 40 hectares, la « mer de Stambruges », s'étend dans les bois, entouré de marais et de tourbières. En 1727, la commune perd au profit du prince de Ligne de vastes pâtures, la Garenne, la Bruyère, le Carnois et la Mer, ce qui provoque un long conflit. Charles Joseph de Ligne (1735-1814), l'écrivain et diplomate, sera le dernier grand seigneur de l'époque féodale.
En 1794, la Révolution française met fin aux droits seigneuriaux, et Stambruges fait partie du département de Jemappes, dans le canton de Quevaucamps. Après 1814, le village passe au royaume des Pays-Bas, puis à la Belgique.
En 1828, un incendie détruit l'ancienne église Saint-Servais ; elle est reconstruite de 1831 à 1834 en grès de Grandglise, et il ne reste de l'ancienne que la partie basse du clocher. Elle garde une clé de voûte, des fonts baptismaux et une statue de saint Servais du XVIIe siècle, et on y vient en pèlerinage pour la protection du bétail.
En 1852, l'étang est asséché : il laisse place à une clairière de sable, la Mer de Sable. Le village vit de l'agriculture (céréales, pommes de terre, camomille), de l'élevage, des carrières de grès, de calcaire et de sable, et de l'argile pour les produits réfractaires. Deux moulins tournent au XIXe siècle : le moulin Frison et le moulin Patin, construit en 1845, à vapeur dès 1870 et incendié en 1884. La bonneterie se fait à domicile puis en ateliers, et ses produits, comme le houblon et la toile, sont vendus de village en village par les marchands ambulants, les « campenaires ».
Les bois de Stambruges sont pleins de légendes. À l'Ottée des Fées, les fées auraient lavé et repassé pendant la nuit le linge qu'on leur avait déposé la veille. Dans la Fontaine Bouillante, dont l'eau semble frémir, une princesse serait tombée avec son carrosse, qui réapparaîtrait à minuit. Le « Rond des Sorcières » rappelle le sabbat, et depuis le XXIe siècle le village fait vivre ce folklore des sorcières.
Dans le bois du Carnois, la chapelle de l'Erconpuch, dédiée à Notre-Dame des Bois, se dresse près d'une source où l'on abreuvait autrefois les bêtes ; un culte païen y aurait été célébré la nuit avant que l'Église n'y installe le culte de la Vierge. Près de la chapelle, un robinier recevait des ex-voto, surtout pour la guérison des enfants : les pèlerins y accrochaient vêtements et pansements, pour que l'arbre prenne la maladie. Abattu par le vent en 2009, il a été remplacé dans la ferveur populaire par un chêne planté quelques mètres plus loin.
En 1963 ou 1964 selon les sources, Stambruges fusionne avec Grandglise pour former Stambruges-Grandglise, puis rejoint Belœil lors de la fusion des communes de 1977. La Mer de Sable, dernier reste des landes de la région, est classée en 1993 ; ses buttes de sable et ses landes tourbeuses abritent des plantes rares et protégées, comme la droséra, une plante carnivore. La forêt domaniale de Stambruges attire promeneurs et cyclistes, et le club de basket JS Stambruges a joué jusqu'en Régionale 1.
Les cyclistes de passage peuvent faire halte à l'Épicerie des Meuniers, labellisée « Bienvenue Vélo ». Et pour les travaux de construction et de jardin, Six Equipment loue machines et outils.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
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