Commune de Beaumont — Province de Hainaut
Renlies se trouve dans la Botte du Hainaut, dans la vallée de la Hantes. Venue de Froidchapelle, la rivière y entre dans la commune de Beaumont avant de rejoindre la Sambre près de Labuissière. La vallée est aujourd'hui protégée par Natura 2000.
En wallon, le village s'appelle Rinliye. Selon l'historien Alexandre-Guillaume Chotin, son nom désignerait le lieu ou le domaine d'un homme appelé Ranus ou Rangus, la finale « lies » venant du latin locus, « le lieu ». Plusieurs vestiges de l'époque romaine ont été retrouvés sur le territoire du village.
Comme Rance, Renlies est une « ville-neuve » créée au XIe siècle. Son nom apparaît pour la première fois en 1083, dans un acte de Gérard, évêque de Cambrai, qui donne des biens à l'abbaye d'Hautmont. En 1189, Nicolas de Barbençon cède l'église à l'abbaye de Lobbes, qui nommera désormais les curés. La dîme est partagée en trois parts égales : le chapitre de Thuin, le monastère de Lobbes et le curé.
Pendant tout l'Ancien Régime, le village est coupé en deux seigneuries. L'une relève du domaine de Rocq-sous-Recquignies, aujourd'hui en France, et appartient au comte de Hainaut et au seigneur de Chimay ; l'autre dépend de la pairie de Barbençon, l'une des plus anciennes seigneuries du Hainaut. Renlies a donc deux mayeurs et deux collèges d'échevins.
L'église Saint-Martin est bâtie en 1572 dans le style gothique hennuyer ; son clocher est ajouté en 1664. Elle garde des pierres tombales du XVIe au XIXe siècle et, surtout, un retable exécuté à Anvers en 1511 : six tableaux sculptés de la Passion du Christ, peuplés de 55 statuettes.
Une nuit, des voleurs ont emporté 35 de ces statuettes ; seules 10 ont été retrouvées. L'église est aujourd'hui classée.
Les familles du village ont élevé plusieurs chapelles. Celle de Notre-Dame des Sept Douleurs est construite en 1660 par le mayeur Jean Canivet et son épouse Jeanne Martin, puis relevée en 1713 par leurs enfants. La jeunesse du village bâtit la chapelle de Géramont en 1676, François Dutron et Anne Berteau la chapelle Notre-Dame du Rosaire en 1689, et Marie Duterne et François Fosses la chapelle baroque de Gravette en 1718.
La force de la Hantes fait tourner les roues du village. La forge du Haut-Marteau est signalée dès 1200 environ, et l'ancien moulin de la rue du Village, propriété du mayeur, est construit en 1763.
En 1676, après le traité de Nimègue, Renlies est annexé à la France et dépend de la prévôté de Maubeuge. Pendant plus d'un siècle, ses mayeurs servent le roi de France. En 1790, le village entre dans le département du Nord, dans l'arrondissement d'Avesnes. Après le Concordat de 1801, la paroisse est rattachée à l'archidiocèse de Cambrai, puis au diocèse de Tournai en 1889.
Une carrière de marbre de qualité moyenne cesse d'être exploitée en 1802-1803, mais on continue à extraire de la pierre calcaire pour faire de la chaux. En 1830, la Hantes actionne trois moulins à blé, une scierie de marbre et la forge du Haut-Marteau, qui s'arrête peu après 1840. Le village compte alors 632 habitants répartis dans 52 maisons.
En 1859, un petit vol commis à Renlies fait partie des faits reprochés à la bande Noire, jugée en 1862.
Pendant la Première Guerre mondiale, Victor Brogniet dirige la commune comme bourgmestre faisant fonction ; après la guerre, Clovis Coppée, agriculteur et organiste, est bourgmestre jusqu'en 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Arille Mourue assure l'intérim. Faute de livres, l'instituteur Désiré Canivet retrouve alors d'anciens petits catéchismes de Cambrai et les distribue à ses élèves.
Comme beaucoup de villages ruraux, Renlies se vide : de plus de 650 habitants au XIXe siècle, il tombe à 395 en 1958. Le village a vu naître ou vivre Michel Fagot, prêtre et professeur, fondateur d'un centre de perfectionnement du Club alpin belge aux Houches, près de Chamonix, et Luc Coppée, pionnier de l'État indépendant du Congo mort à 31 ans, dont une plaque rappelle le nom sur l'ancienne maison communale. Ce passé colonial est aujourd'hui regardé de façon critique.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Renlies fait depuis partie de Beaumont et compte environ 500 habitants. Le carnaval anime le village en février et la ducasse en août, et l'école communale accueille environ 70 élèves. Depuis les années 2010, des éoliennes se dressent autour du village ; le permis du parc Renlies 1 a été annulé par le Conseil d'État. En 2021, l'office du tourisme de Beaumont lui consacre une brochure de promenade, avec l'aide d'un jeune du village.
Pour séjourner au cœur du village, le gîte L'atelier du Trieu Robin accueille les visiteurs, tout près des lacs de l'Eau d'Heure.
Dernière mise à jour : 30/10/2026
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